Après une étape de plat en Sardaigne qui a vu la Quick Step faire un travail formidable pour Fernando Gaviria avec une bordure et une journée de voyage, le peloton des coureurs pose ses valises en Sicile. 

Au programme de la journée, les premières pentes difficiles du Giro d’Italia et une arrivée en altitude au sommet de l’Etna. L’occasion pour les principaux favoris de ce Tour d’Italie de se tester en montagne mais également de pouvoir faire les premiers écarts avec ses adversaires. Le Giro ne se jouera surement pas sur cette étape mais certains pourront certainement le perdre. L’étape entre Cefalù et l’Etna, longue de 181 kilomètres, passera par un premier sommet du Portera Femmina Morta puis par le plus haut volcan d’Europe avec l’arrivée au sommet de ce dernier.

Dans les premiers kilomètres de la course, quatre coureurs se détachent rapidement : Brutt (Gazprom), Van Rensburg (Dimension Data), Alafacci (Trek-Segafredo) et Polanc (UAE). Tout au long de l’étape l’avance des échappées se stabilise autour de 6 minutes, les équipiers du nouveau maillot rose Gaviria maintiennent l’écart. Rien a signaler dans la première partie de course, si ce n’est un petit accrochage verbal entre Polanc et Van Rensburg en haut du premier col, le premier reprochant à l’autre de l’avoir enfermer sur la ligne. Alafacci explose et ne fait plus parti de l’échappée du jour.

La Bahrain Merida roule pour faire revenir le peloton et pour placer son leader et grand favori du Giro, Vincenzo Nibali. Le peloton est tendu, chacun cherchant à replacer son leader avant les premières pentes de l’Etna. Ce sommet est très difficile dans la première partie et est légèrement plus roulante en haut et les 950 derniers mètres sont plat.

L’échappée ne compte que 4 min 30 au pied du volcan et c’est le moment choisit par Jan Polanc pour quitter ses compagnons d’échappées. Le coureur slovène, déjà vainqueur d’une étape du Giro en 2015, espère faire un gros coup lors de cette première étape de montagne. Le peloton monte au train, les moins bons grimpeurs lâchent, à l’image du maillot rose, mais les leaders s’observent et l’écart n’est descendu qu’à 1 min 30 à 3 kilomètres de l’arrivée. Polanc fait un travail magnifique en tête de la course.

Vincenzo Nibali attaque à 2 kilomètres de l’arrivée. Mais Amador (Movistar) ramène rapidement le peloton sur Nibali et le groupe des coureurs ralentit. Il ne se passe pas grand chose entre les favoris. Moment choisit par Tom Dumoulin (Sunweb) et Ilnur Zakarin (Katusha) de dynamiter le groupe. Zakarin revient comme un boulet de canon sur Polanc.

© Giro D’Italia Twitter

Mais le slovène aura fait la montée de l’Etna seul, il y aura cru et avec la volonté, le coureur remporte un magnifique étape. Zakarin prend la deuxième place et Thomas règle le sprint du groupe des favoris. Le français Thibaut Pinot s’empare de la quatrième place. Décevante, cette montée n’aura pas vu la lutte tant attendue entre les leaders.

Présent dans la bordure hier et dans le groupe des favoris, Bob Jungels, le jeune coureur de 24 ans de la Quick Step s’empare du maillot rose. En plus de sa magnifique victoire en solitaire, Jan Polanc portera le maillot du meilleur grimpeur demain.


Etape de plat prévue demain avec une arrivée à Messina au terme d’une étape longue de 159 kilomètres. L’occasion pour les sprinteurs d’en découdre une nouvelle fois. Caleb Ewan, malheureux dans les sprints depuis ce début de giro devrait avoir le couteau entre les deux pour lever les bras. A surveiller également, Greipel et Gaviria.