L’étape d’hier a été une légère déception chez les observateurs du cyclisme, la lutte attendue sur le volcan de l’Etna ne s’est pas produite. C’est même un des coureurs de l’échappée matinale qui s’est imposé au sommet au terme d’une formidable ascension. Malgré quelques banderilles, le groupe des leaders ne s’est qu’escarmouché sans vraiment parvenir à faire la différence sur ses adversaires.

L’étape du jour est ce que l’on appelle une étape de transition. Courte de 159 km, elle parcourra la Sicile entre Pedara et Messina, ville du leader de la Bahrain-Merida et favori du Giro : Vincenzo Nibali. Une seule difficulté répertoriée au début de l’étape et un final favorisant les sprinteurs. L’occasion pour certain de pointer le bout de leur nez en vue d’un sprint massif.

Très rapidement, l’échappée du jour prend forme sous l’impulsion de Shalunov (Gazprom) et de Paterski (CCC). C’est la cinquième fois en autant d’étape qu’un coureur de la formation russe Gazprom prend part à l’échappée du jour. Deuxième fois pour Shalunov qui était parti lors de la deuxième étape.

L’échappée ne prendra jamais beaucoup d’avance sur un peloton qui roule à allure modérée et qui ne laisse pas partir l’échappée trop loin. Ce sont les équipes de sprinteurs qui font rapidement le travail et maintiennent l’avance à environ 3 min 30 pour le groupe de tête.

Rien à signaler de plus dans cette étape qui se déroule sans accroc. Les équipes des principaux favoris à la victoire d’étape maitrisant parfaitement le tempo du peloton. Ils accélèrent vraiment à 30 kilomètres de l’arrivée et l’échappée se fait reprendre tranquillement à 15 kilomètres du terme.

Une petite spécificité du parcours va cependant faire résulter d’une image cocasse. L’arrivée de cette étape se fera après un tour de circuit dans la ville de Messina, les coureurs passant donc une première fois sur la ligne d’arrivée avant de se juger le sprint. Cette information était surement sorti de la tête de Luka Pibernik qui sort du peloton à 6 kilomètres de l’arrivée et célèbre sa victoire sur la ligne avant de se rendre compte de son erreur.

Une terrible deception pour le coureur de la Bahrain-Merida qui voit fondre sur lui le peloton lancer à sa poursuite. Les sprinteurs se replacent à l’avant du peloton. Et la véritable lutte commence finalement dans les rues de Messina. La Bora de Sam Bennett et la Quick-Step de Gaviria sont les mieux placés, ils lancent le sprint. Greipel et Ewan sont loin.

© Giro D’Italia

Au terme d’un superbe sprint en costaud, Fernando Gaviria lève les bras et s’impose pour la deuxième fois sur un sprint du Giro 2017. Revenu en boulet de canon, Mareczko (Wilier) prend la deuxième place et aurait gagné si la ligne était 10 mètres plus loin. Sam Bennett complète le podium devant Greipel. Etape compliquée pour Caleb Ewan, une fois de plus, qui se fait enfermer dans le final et n’entre même pas dans le Top 10 du sprint.

Le classement général ne change pas, Bob Jungels porte toujours le maillot de leader. Idem pour le porteur du maillot bleu de meilleur grimpeur. Seul changement dans les maillots distinctifs, Fernando Gaviria qui prend la part de Greipel dans le classement du « Cyclamen » (Classement à point).


Au programme de demain, une étape longue de 217 kilomètres avec au programme des légères bosses en fin de parcours qui devrait écrémer le gros du peloton. C’est un puncheur qui devrait s’imposer au terme de cette étape car la montée finale présente des passages à 10%. Bon Jungels ou Adam Yates devrait pouvoir faire parler la poudre au classement générale.